Brown-out : le nouveau burn-out

Emna HANNACHI

Management

Publié le 16 Apr 2018

La famille des pathologies professionnelles ne cesse de s’agrandir, et personne ne s’en réjouit. Selon les chercheurs, le dernier-né ne concernerait ni la surcharge, ni le manque de travail, mais son absence de sens : le brown-out, terme anglais signifiant « baisse de courant », atteint des employés déconnectés de leur mission pour cause de valeurs conflictuelles ou de tâches sans intérêt. Gros plan sur un nouveau-venu à éviter autant que possible. 

Burn-out, bore-out, brown out

Le burn-out, ou syndrome d’épuisement professionnel, est l’ancêtre des pathologies du genre. Il intervient dans le cadre d’une surcharge d’activité à laquelle les travailleurs investis sacrifient trop, voire tout. Résultat ? Des batteries à plat physiquement, émotionnellement et mentalement, menant généralement à la dépression.

Le bore-out, lui, en est l’exact opposé, avec un résultat très similaire. Il touche des employés qui manquent de tâches à accomplir, placardisés ou non. Qui s’ennuient, donc, et qui sans stimulation intellectuelle ni reconnaissance professionnelle, perdent confiance jusqu’à subir stress, anxiété, insomnies, addictions ou dépression.

Quant au brown-out ? Le petit dernier de la lignée fait figure de mal du siècle, découlant de tâches répétitives, aliénantes, inutiles, absurdes, en contradiction avec des valeurs éthiques… Ou du moins ressenties comme telles. Le salarié perd alors ses repères, incapable de trouver un sens à son rôle. Et les conséquences sont, là encore, similaires à celles du burn-out ou du brown-out, incluant des symptômes psychiques et physiques pouvant aller jusqu’à la dépression.

Les premiers signes du brown-out

Si managers et RH sont généralement chargés de repérer les symptômes d’une pathologie professionnelle, les collaborateurs sont parfois mieux placés pour détecter les premiers signes. La solution ? Sensibiliser l’ensemble des équipes, pour identifier le brown-out en amont.

  • La perte d’intérêt. Si elle n’indique pas à elle seule un brown-out, elle en est l’un des premiers symptômes. Les employés se traînent d’un poste à l’autre en surveillant leur montre ? Ouvrez l’œil. En perdant de vue le sens de leur mission, ils perdent au passage plaisir et motivation.
  • L’incompréhension. On prétend qu’un poste est inutile lorsqu’il est impossible de l’expliquer clairement en une seule phrase. Si même celui ou celle qui l’occupe en est incapable, sans doute est-il temps de redéfinir ses contours… ou de le supprimer pour faire évoluer l’employé sur un autre poste.
  • Le désinvestissement. Un collaborateur ne prend jamais la parole, se fait porter pâle à la moindre occasion et évite autant que possible les événements de groupe ? Début de brown-out ou pas, un tel manque d’investissement vaut la peine d’en comprendre la raison.
  • La routine. Lorsque les heures semblent défiler au ralenti et les tâches se suivre sans jamais s’interrompre, méfiance ! Le brown-out prend également racine dans une routine immuable, qui anesthésie même les plus motivés.
  • Le conflit de valeurs. Un(e) vegan(e) peut peiner à vendre des sacs en cuir, un(e) écologiste engagé(e) à vanter les mérites des voitures à essence. De tels conflits de valeurs peuvent, surtout, déclencher un profond malaise chez l’employé, jusqu’à lui faire oublier pourquoi il ou elle a postulé.

Le plan anti-brown-out 

Prévenir le brown-out revient à conserver intacts l’investissement et la motivation d’un travailleur. Une méthode gagnante pour le salarié comme pour l’entreprise, le bien-être boostant les performances !

  • Communiquer. La meilleure arme de lutte contre le brown-out est également la plus simple : communiquer avec ses collaborateurs permet d’identifier les éventuels problèmes avant même qu’ils ne le deviennent. Ce, afin de repérer rapidement les points à améliorer. Managers, responsables, CHO, employés, parlez sans tabou et écoutez sans juger !
  • Redonner du sens au travail. Le principe ? Rappeler aux employés en quoi ils sont utiles à leurs collègues, à l’entreprise ou à la planète. Redonner du sens peut ainsi passer par le soutien de l’entreprise à des initiatives sociales ou environnementales, l’organisation d’événements internes ou externes, la valorisation des collaborateurs et des équipes… Et pour cela, il y a une formation : le Value Training développée par Valeurs&Valeur, une start-up innovante qui s’attache à aider les collaborateurs à retrouver du sens dans leur travail.
  • Soigner l’ambiance. Un employé épanoui est un employé investi, or l’épanouissement passe par une ambiance de travail positive basée sur la confiance. Un outil si simple et pourtant trop rare, qui lutte efficacement contre… tout, du burn-out au brown-out.
  • Briser la routine. Prévenir la lassitude sur un poste est parfois aussi simple que d’organiser des activités d’équipe, de lancer des défis ou de proposer régulièrement de nouveaux projets. Voire de redécorer un bureau ou la salle de pause !
  • Offrir un soutien. Médecin du travail, psychologue d’entreprise, manager compréhensif ou Chief happiness officer motivé(e), tous les soutiens sont les bienvenus pour parler, dédramatiser et restaurer le plaisir au travail. Allez vers les autres, les autres viendront à vous…

A l’ère des « bullshit jobs », ces jobs sans intérêt stigmatisés par l’anthropologue David Graeber, le brown-out atteindrait nombre de travailleurs, souvent à leur insu. La bonne nouvelle ? Quelques lignes de conduite efficaces participent à la prévention de la plupart des pathologies professionnelles. Et augmentent, au passage, les performances des équipes, l’attractivité de l’entreprise ou la fidélisation des employés.


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